LES LYMPHOMES

Lymphome Folliculaire

Les points-clés

  • Le lymphome folliculaire est un sous-type fréquent de lymphome non hodgkinien.
  • Le lymphome folliculaire évolue le plus souvent lentement et touche surtout des personnes âgées entre 65 et 80 ans.
  • Les traitements actuels ne permettent pas de guérir le lymphome folliculaire, mais ils contrôlent généralement la maladie sur le long terme.

Qu’est-ce que le lymphome folliculaire ?

Le lymphome folliculaire est un sous-type de lymphome non hodgkinien. Il s’agit d’une forme de cancer d’un type de cellules sanguines, les lymphocytes B. Ces cellules sont des globules blancs. Elles participent aux défenses immunitaires de l’organisme.

Un lymphome folliculaire survient lorsqu’un lymphocyte B devient anormal et qu’il prolifère de manière incontrôlée.

Avec le temps, les lymphocytes B anormaux finissent par former des tumeurs. Celles-ci se développent essentiellement dans les ganglions lymphatiques, la rate et la moelle osseuse. Elles peuvent cependant toucher d’autres organes du corps.

Le lymphome folliculaire fait partie des lymphomes indolents : il évolue lentement.

Il peut toutefois, au cours de son évolution, se transformer en un sous-type agressif de lymphome (il s’agit alors le plus souvent d’un lymphome diffus à grandes cellules B).

Le lymphome folliculaire est l’un des sous-types les plus fréquents des lymphomes non hodgkiniens.

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Qui est concerné par le lymphome folliculaire ?

Selon les dernières estimations disponibles (datant de 2012), environ 2500 nouveaux cas de lymphomes folliculaires sont diagnostiqués chaque année en France.

52 % d’entre eux surviennent chez des hommes.

L’âge médian au moment du diagnostic est de 64 ans chez les hommes et de 66 ans chez les femmes.

Le lymphome folliculaire est rarement diagnostiqué avant l’âge de 35 ans. C’est chez les personnes âgées entre 65 et 80 ans que le plus grand nombre de nouveaux cas sont diagnostiqués.

Quelles sont les causes du lymphome folliculaire ?

Les mécanismes de survenue du lymphome folliculaire ne sont pas complètement connus. Différentes mutations ou altérations génétiques ont été identifiées qui semblent être impliquées dans la transformation des cellules B en cellules anormales.

Mais les connaissances actuelles ne permettent pas de déterminer de façon précise comment ces mutations/altérations interviennent dans le processus de survenue du cancer, ni pourquoi elles se produisent.

Il est également probable que d’autres mécanismes que les mutations/altérations jouent un rôle dans le déclenchement de la maladie.

Dans la plupart des cas, l’origine du lymphome folliculaire est inconnue. Il a toutefois été montré que l’exposition à certains produits, en particulier les pesticides et les solvants, est associé à un risque accru de survenue des lymphomes non hodgkiniens. La consommation de tabac, des agents infectieux, l’exposition à des poussières organiques, minérales ou métalliques, ainsi qu’aux radiations ionisantes, le jardinage, la coiffure sont également soupçonnés de favoriser les lymphomes non hodgkiniens.

Quels sont les symptômes du lymphome folliculaire ?

Les symptômes les plus fréquents du lymphome folliculaire sont notamment un gonflement non douloureux des ganglions lymphatiques, par exemple dans le cou, les aisselles ou l’aine, la survenue d’une fièvre sans raison apparente, et des sueurs abondantes la nuit.

D’autres symptômes sont également possibles en fonction de la localisation de la ou des tumeurs.

Le lymphome folliculaire évoluant lentement, la maladie peut ne se manifester par aucun symptôme pendant longtemps.

Comment est diagnostiqué le lymphome folliculaire ?

Le diagnostic du lymphome folliculaire repose sur :

  • Un examen physique, pour rechercher des ganglions volumineux et déterminer si la rate et le foie ont une taille augmentée.
  • Des examens sanguins, comprenant un comptage des différentes cellules sanguines et de la béta-2 microglobuline (un marqueur de la maladie).
  • Des examens d’imagerie, en particulier un scanner ou un PETscan du cou, de la poitrine, de l’abdomen et du pelvis. Ces examens permettent de rechercher les différentes localisations des tumeurs.
  • Une biopsie d’un ou de plusieurs ganglions. Une biopsie consiste à prélever un échantillon de tissus. Le prélèvement est ensuite examiné au microscope et par diverses techniques par un médecin spécialiste des cellules et des tissus, l’anatomopathologiste. Ce dernier est en mesure de dire si des cellules anormales sont présentes et de confirmer ou non la maladie.
  • D’autres examens sont parfois nécessaires (une biopsie de la moelle osseuse par exemple).
Quels sont les différents stades du lymphome folliculaire ?

Les différents examens réalisés à l’occasion du diagnostic permettent de déterminer les caractéristiques de la maladie, son étendue dans l’organisme et son risque d’évolution.

Le stade correspond au degré d’extension de la maladie.

Stade Définition
Stade I (maladie localisée) La maladie est présente dans un seul groupe de ganglions (au niveau de l’aine ou du cou par exemple) ou dans un seul organe du système lymphatique (la rate ou le thymus par exemple).
Stade II (maladie localement avancée) La maladie touche plusieurs groupes de ganglions, ainsi qu’éventuellement un organe situé à proximité de ceux-ci. Les ganlions ± l’organe touchés sont situés du même côté du diaphragme (il s’agit du muscle qui sépare le thorax de l’abdomen).
Stade III (maladie avancée) Plusieurs groupes de ganglions sont atteints et qu’ils sont situés des deux côtés du diaphragme. D’autres organes proches des ganglions atteints peuvent être également touchés.
Stade IV (maladie étendue) La maladie s’est disséminée à un ou plusieurs organes éloignés des ganglions atteints tels que la moelle osseuse, les poumons ou le foie.

En plus du stade, d’autres éléments sont pris en compte par les médecins, notamment la présence ou non de symptômes, la taille des ganglions atteints, ainsi que le nombre de cellules anormales présente dans le ou les prélèvements de ganglions. Cela permet de déterminer le risque d’évolution de la maladie et par conséquent les modalités de traitement les plus adaptées.

Quels sont les traitements du lymphome folliculaire ?

Le traitement est déterminé en fonction des caractéristiques de la maladie et de votre état de santé global.

Pour les lymphomes folliculaires de stade I et II, différentes options sont possibles :

  • Une radiothérapie des ganglions touchés par les cellules anormales. La radiothérapie consiste à irradier une zone précise du corps avec un appareil spécifique. Les irradiations détruisent les cellules cancéreuses.
  • Une abstention thérapeutique est parfois possible. Aucun traitement n’est alors proposé, mais un suivi médical régulier est mis en place pour détecter toute évolution de la maladie. L’abstention thérapeutique ne constitue pas une perte de chance. Au contraire, cette stratégie vise à préserver la qualité de vie et à garder les traitements en « réserve » en cas d’évolution ultérieure du lymphome.
  • Un traitement par médicament est proposé lorsque le lymphome présente un risque d’évolution. Ce traitement est alors semblable à ceux recommandés pour les patients présentant un lymphome de stade III ou IV.

Pour les lymphomes folliculaires de stade III ou IV, les traitements possibles sont :

  • Une thérapie ciblée seule. Ce traitement peut être envisagé quand le lymphome présente un faible risque d’évolution. Il repose sur l’administration d’un anticorps monoclonal, le rituximab (MabThera®) ou l’obinutuzumab (Gazyvaro®). Ce type de médicament cible préférentiellement les cellules anormales et entraîne leur mort. Parfois, la thérapie ciblée est associée à une radiothérapie.
  • Une chimiothérapie associée au rituximab. La chimiothérapie associe plusieurs médicaments. Elle est désignée par un acronyme reprenant les initiales de chaque médicament. L’une des chimiothérapies les plus fréquentes est le protocole CHOP qui combine quatre médicaments. Dans ce cas, le traitement est appelé R-CHOP (R désignant le rituximab).

Une fois la chimiothérapie terminée, il peut être proposé de poursuivre le rituximab ou l’obinutuzumab seul pendant deux ans. Il s’agit d’un traitement dit de « consolidation » ou « d’entretien » qui permet de prolonger la durée du contrôle de la maladie.